« tu es intelligente, tu es douée » : Nous encourageons les enfants, les élèves, les amis, les collègues, en leur disant qu’ils sont « intelligents » ou « doués ». L’intelligence et l’habileté naturelle sont souvent mises en avant comme les clés du succès. Mais est-ce la meilleure manière de les préparer aux impasses de la vie et au goût d’apprendre ?
Les enfants ou les adultes constamment félicités pour leur intelligence sont moins motivés à faire face à des tâches difficiles et cela compromet leur capacité à persévérer lorsque se présentent des obstacles. En revanche, les enfants félicités pour leurs efforts sont plus enclins à relever des défis, à persévérer face aux difficultés et à s’améliorer au fil du temps.
Le rôle de l’échec dans l’apprentissage
Les personnes drivées par l’importance de l’intelligence sont généralement plus sensibles à la validation extérieure, l’échec est alors perçu comme une insuffisance d’intelligence. En revanche, les personnes qui ont grandi dans le goût de l’effort comprennent que ce qu’on appelle l’échec n’est qu’une étape dans le processus d’apprentissage.
Notre cerveau n’est pas figé
La neuroplasticité nous confirme que notre cerveau possède la capacité à se modifier et à se renforcer par l’apprentissage et l’expérience. Et en plus, cette plasticité est présente tout au long de la vie !
L’effet sur la motivation intrinsèque
Le fait d’aboutir coute que coute procure un plaisir ponctuel, alors que prendre plaisir à reprendre son ouvrage sur le métier devient un plaisir intérieur, personnel, fait grandir la personne.
D’ailleurs, nombre de personnes adultes se découvrent, ou redécouvrent le plaisir d’apprendre, alors que la légende sociale veut qu’un adulte « sait » et n’apprend plus rien.
Comment encourager l’effort ?
Pour mettre cette théorie en pratique :
- Félicitez l’effort, pas seulement le résultat : Lorsque vous encouragez un enfant ou un adulte, mettez l’accent sur l’effort qu’il a fourni, plutôt que sur l’intelligence ou le talent. Par exemple, dites « Tu as travaillé dur sur ce projet, et ça se voit ! » plutôt que « Tu es tellement intelligent ! ».
- Encouragez la persévérance : Soulignez l’importance de persévérer même lorsque les choses deviennent difficiles. L’échec n’est pas une fin, mais une opportunité d’apprendre et de grandir.
- Mettez en valeur l’apprentissage : Suscitez l’idée que apprendre peut être un plaisir intérieur, sans pression extérieure, qu’apprendre peut être un cheminement de curiosité d’exploration et d’éveils successifs.
- Évitez la pression sur les résultats : Au lieu de se concentrer sur les notes ou les récompenses, rappelez-lui que pour un succès il y a 10 à 100 fois plus d’échecs.
Conclusion
En mettant l’accent sur le goût de l’effort et la persévérance, nous pouvons non seulement aider les individus à relever des défis plus importants, mais aussi les préparer à faire de leurs échecs des étapes de leur progression et à cultiver leur positivité.
Cela peut s’appliquer non seulement à l’éducation des enfants, mais aussi dans le cadre du coaching et du développement personnel. Que vous soyez parent, éducateur ou coach, rappelez-vous : l’effort est la clé du succès !
Références
- Dweck, C. S. (2007). Mindset: The New Psychology of Success. Random House.
- Deci, E. L., Vallerand, R. J., Pelletier, L. G., & Ryan, R. M. (1991). Motivation and education: The self-determination perspective. Educational Psychologist, 26(3–4), 325-346.
- Dweck, C. S., & Leggett, E. L. (1988). A social-cognitive approach to motivation and personality. Psychological Review, 95(2), 256-273.
